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CRIET : un commissaire adjoint de police et un militaire s'expliquent à nouveau dans un dossier d'extorsion de 17 millions F à un présumé gayman

Une nouvelle audience s'est ouverte ce jeudi 30 novembre 2023 dans le procès de l'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi, de deux policiers et d'un militaire chargé du renseignement poursuivis dans un dossier d'extorsion de 17 millions FCFA chez un présumé cybercriminel. L'officier de police et le militaire se sont expliqués à nouveau.

Entrée du commissariat central d'Abomey-Calavi

Entrée du commissariat central d'Abomey-Calavi

Une cinquième audience dans le dossier de quatre hommes en uniformes. Ce jeudi 30 novembre 2023, l'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi, deux policiers de ce commissariat et un militaire du renseignement ont comparu à nouveau. Les quatre coaccusés sont poursuivis par le parquet spécial de la CRIET pour deux chefs d'accusation : abus de fonction et extorsion de fonds, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. 

 

Dans ce dossier, tous les prévenus sont en détention provisoire depuis le vendredi 10 mars 2023. Il est reproché aux agents de police et au militaire d'avoir pris 17 millions FCFA chez un présumé gayman après son interpellation courant février-mars 2023. Le militaire du renseignement est l'homme qui a donné l'information de l'existence de ce présumé gayman aux flics. Il a participé à l'opération de la police ayant conduit à l'interpellation du présumé cybercriminel. Mais l'opération ne s'est pas déroulée dans les conditions régulières prévues par la loi, rapporte l'envoyé spécial Libre Express. 

 

Car, une fois le présumé cybercriminel interpellé, ces hommes en uniforme lui auraient soutiré 17 millions FCFA avant de le relâcher. Selon l'accusation, les quatre prévenus n'ont jamais conduit le présumé cybercriminel au commissariat d'Abomey-Calavi. Ils l'ont relaché dans une zone située entre le collège de Zoca et le commissariat. Mais le présumé gayman, aujourd'hui en fuite, a dénoncé les faits et ils ont été mis aux arrêts.

 

L'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi se défend à nouveau

 

Convoqué à nouveau à la barre ce jeudi 30 novembre 2023, l'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi est revenu sur les circonstances de l'opération qui a conduit à l'interpellation et à la libération du présumé cybercriminel.  L'accusé confie que c'est le militaire du renseignement qui est venu au commissariat central d'Abomey-Calavi l'informer de la présence du présumé cybercriminel.

 

L'information fait état de la présence d'un gayman qui s'apprête à voyager avec une importante somme, apprend-il. L'officier affirme avoir été avec les deux autres policiers également incarcérés au domicile du présumé gayman pour l'appréhender. Mais après l'avoir interpellé, il allègue l'avoir libéré à quelques encablures du commissariat central d'Abomey-Calavi. « Mais pourquoi ne l'avez-vous pas conduit au commissariat pour l'interroger avant de le relâcher », lui lance le juge. « Je ne pouvais que le relâcher parce que je n'avais pas d'éléments matériels pouvant permettre de l'interpeller », s'est-il défendu, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. 

 

LIRE AUSSI : CRIET : au procès de l’affaire CAMEO SHELL, plus de 3 milliards FCFA portés disparus selon le parquet spécial, MTN et MOOV convoqués
 

L'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi reconnait devant la Cour que dans la loi la procédure ne se fait pas ainsi et qu'il devrait l'interroger normalement dans les locaux du commissariat avant de relâcher le présumé gayman. Mais pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? L'officier de police évoque ses relations compliquées avec le commissaire central du commissariat d'Abomey-Calavi. Il a déclaré qu'il avait peur d'être grondé par le commissaire central pour avoir ramené au commissariat un homme qui n'était pas un gayman. C'est alors que le juge lui rappelle qu'en tant qu'officier de police judiciaire, il avait l'obligation de faire analyser le téléphone du présumé gayman par des spécialistes. L'ex-commissaire a indiqué qu'il n'a jamais mené les procédures liées à l'Office central de répression de la cybercriminalité. 

 

Un militaire du renseignement à la barre

 

Invité à déposer à nouveau ce jeudi 30 novembre 2023, le militaire explique qu'il s'est rendu comme tout citoyen lambda au commissariat d'Abomey-Calavi pour dénoncer le présumé gayman. Ceci, après avoir reçu des informations sur ses activités cybercriminelles. Ces informations font état de ce que ce présumé gayman s'apprêtait à envoyer des millions à Lomé au Togo, selon sa déposition. 

 

Le militaire enchaine ensuite avec l'opération d'interpellation du présumé gayman. Selon sa déposition, après l'interpellation de cet individu, ce dernier aurait prêté son téléphone pour appeler sa femme afin de l'informer de son arrestation. Ce qu'il a fait. Par la suite, ce présumé gayman est libéré en cours de route par le commissaire adjoint de Calavi. Mais plus tard, le militaire confie à la Cour avoir été téléphoné par le présumé qui l'a informé de ce que le commissaire adjoint lui a pris des millions de francs, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. 

 

LIRE AUSSI : CRIET : l’ex-CA central d'Abomey-Calavi et un proche de Bada condamnés à 07 ans de prison dans un nouveau dossier d’escroquerie en parcelles

 

Cet agent de la Direction du renseignement militaire déclare avoir donné rendez-vous au présumé gayman. Selon sa déposition à la barre, il s'agit d'un appât qu'il lui tendait dans le but de l'interpeller. Mais en tant que militaire, avait-il la qualité d'interpeller ce présumé cybercriminel ? « Non », a-t-il répondu. Le prévenu revient ensuite sur sa déposition et reconnait devant la Cour qu'il s'est rendu devant le domicile du présumé cybercriminel. 

 

Lors de cette rencontre, il indique que le gayman lui a confié que le commissaire adjoint lui aurait pris des millions et aurait gardé sur lui l'un de ses téléphones. Le militaire avoue avoir rassuré le présumé gayman de ce que son téléphone lui sera rétrocédé. Il ajoute qu'après avoir rencontré le commissaire, ce dernier lui aurait demandé de tout faire pour l'appréhender. Des incohérences ont été relevées de ses propos par les membres de la Cour et les avocats en charge de la défense de l'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi. Après les débats, le dossier a été renvoyé au jeudi 21 décembre 2023 pour continuation et les réquisitions du ministère public, rapporte l'envoyé spécial Libre Express.

 

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