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CRIET : poursuivi pour avoir pris 17 millions FCFA chez un gayman, l'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi donne sa version des faits

La troisième audience dans le procès de l'ex-commissaire adjoint d'Abomey-Calavi, de deux policiers et d'un militaire chargé du renseignement s'est ouvert ce jeudi 25 mai 2023. Cette nouvelle audience a été consacrée à la déposition de l'ex-commissaire adjoint qui a donné sa version des faits qui lui sont reprochés par le parquet spécial de la CRIET.

Entrée de la CRIET à Porto-Novo

Entrée de la CRIET à Porto-Novo

L'ex-commissaire adjoint du commissariat central de Calavi donne sa version des faits. Ce lieutenant de police et ses trois coaccusés dont deux policiers et un militaire sont poursuivis pour deux chefs d'accusation. Il s'agit des charges d'abus de fonction et d'extorsion de fonds, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. Mis aux arrêts et placé en détention provisoire début mars 2023 par le parquet spécial de la CRIET, l'ex-commissaire a été le dernier des accusés écoutés dans le cadre de l'affaire.

 

Selon l'accusation, les quatre hommes en uniforme auraient pris 17 millions FCFA chez un présumé gayman après son interpellation avant de le rêlâcher. Un militaire également prévenu dans le dossier a été le principal informateur. Ce dernier a participé à l'opération de la police ayant conduit à l'interpellation du présumé cybercriminel. Mais l'opération ne s'est pas déroulée dans les conditions régulières. Car une fois le présumé cybercriminel interpellé, ces hommes en uniforme lui auraient soutiré 17 millions FCFA avant de le relâcher, rapport l'envoyé spécial de Libre Express.

 

L'ex-commissaire adjoint donne sa version des faits

 

Convoqué à la barre un peu après 14 heures ce jeudi 25 mai 2023, l'ex-commissaire adjoint est revenu sur les circonstances de l'opération qui a conduit à l'interpellation et à la libération du présumé cybercriminel. “Qu'est-ce qui s'est passé ”, lui lance le juge Guillaume Lally.

 

L'accusé confie que c'est le prévenu Batossi, un militaire du renseignement qui est venu un jour autour de 07 heures au commissariat central d'Abomey-Calavi d'un homme qui serait un présumé cybercriminel. L'information fait état de la présence d'un gayman qui s'apprête à voyager avec une importante somme, apprend l'accusé. 

 

Ayant appris cette information, l'officier de police déclare avoir appelé deux collègues qui rentraient à la maison après leur journée de garde. Ensemble, ils prennent place à bord d'un véhicule et se rendent avec le militaire au domicile du présumé cybercriminel. En route, le lieutenant affirme qu'il s'est rappelé qu'un Officier de police judiciaire (OPJ) ne faisait pas partie du groupe qui doit mener l'opération, mais avoir quand même mené l'opération.

 

Une fois au domicile du présumé gayman, le commissaire adjoint d'Abomey-Calavi souligne qu'il est resté dans le véhicule parce qu'il n'arrivait pas marcher.  Une fois au domicile du présumé gayman, le commissaire adjoint d'Abomey-Calavi souligne qu'il est resté dans le véhicule puisqu'il n'arrivait pas marcher. Après l'opération, plusieurs objets du présumé cybercriminel dont quatre téléphones portables ont été saisis par la police. Mais sur les quatre téléphones portables saisis, l'officier de police reconnaît avoir retourné au présumé cybercriminel trois des téléphones saisis. « J'ai saisi un téléphone. On devrait se revoir. Il collaborait franchement », précise-t-il.

 

Le commissaire confie qu'après la perquisition, l'intéressé a été libéré au cours de la route après qu'aucune preuve matérielle d'éléments à caractère cybercriminel n'a été retrouvée sur lui.

Pendant sa déposition, le lieutenant de police évoque une ambiance délétère au commissariat de Calavi. « Je ne m'entendais pas avec le commissaire sur un certain nombre de choses », a-t-il souligné avant de poursuivre sa déposition, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

 

Le présumé cybercriminel se plaint auprès du procureur de Calavi

 

Après l'opération, le présumé gayman est allé se plaindre auprès du procureur de la République près le tribunal d'Abomey-Calavi. Selon la déposition du commissaire adjoint, le présumé gayman a déposé une plainte et qu'il lui aurait soutiré 17 millions FCFA au cours de l'opération policière. L'officier de police se dit surpris par cette plainte alors qu'il n'aurait rien pris à cet homme.

 

Face à ses déclarations, le juge Guillaume Lally l'a interpellé sur les raisons de cette opération d'interpellation et la libération du présumé cybercriminel en dehors de tout cadre légal. Le commissaire adjoint de Calavi a déclaré à la Cour qu'il avait été formé à la lutte contre la cybercriminalité avant de préciser qu'il n'avait retrouvé aucune preuve matérielle. C'est pourquoi, affirme-t-il, il a libéré le présumé gayman par la suite.


Les avocats demandent la comparution du présumé gayman

 

Une fois, la déposition du commissaire adjoint terminée, Me Filbert Béhanzin, avocat de la défense, a estimé que pour la bonne compréhension du dossier, le présumé gayman qui est plaignant doit comparaître. Ce présumé cybercriminel est aujourd'hui en fuite et n'a jamais comparu depuis l'ouverture du procès. Une demande qui a été appuyée par les autres avocats de la défense.

 

À la suite, le ministère public représenté par Yélinest Ahouéya, un substitut du procureur spécial de la CRIET, a assuré que le parquet et les enquêteurs sont à pied d'œuvre pour interpeller le plaignant présumé gayman. Il a demandé à la Cour ainsi qu'aux avocats d'accorder au parquet spécial le temps nécessaire. S'il ne parvenait pas à mettre la main sur le plaignant, il a promis à la Cour de prendre d'autres dispositions nécessaires que la loi lui confère.

 

Demande de remise en liberté provisoire pour l'ex-commissaire adjoint et 02 policiers

 

Les avocats de la défense dont Me Ligali ont introduit une demande de remise en liberté provisoire pour l'ex-commissaire adjoint de Calavi et deux policiers. Selon Me Hugo Koukpolou, ces trois accusés présentent des garanties de représentativité. L'avocat a fait remarquer à la Cour que les deux policiers en détention provisoire sont sous ordre et qu'ils n'y avaient pas d'éléments matériels. « L'instruction menée devant votre Cour ne permet pas de continuer à poursuivre les prévenus avec mandat de dépôt », a-t-il précisé.

 

Le parquet spécial a proposé le rejet de ces demandes de remise en liberté provisoire. « La garantie de représentativité fait défaut », a justifié le procureur. Le juge a renvoyé le délibéré au jeudi 13 juillet 2023. C'est à cette date que la Cour va se prononcer sur la demande de remise en liberté. À la prochaine audience, le présumé gayman doit également comparaître selon le juge.

 

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