Publicité

Bénin : victime de Liyeplimal, une plateforme de placement d'argent, une femme réclame 33 millions FCFA à un accusé à la CRIET

Le procès d'une femme et de son frère victimes de la plateforme d'investissement en ligne Liyeplimal s'est ouvert ce lundi 22 mai 2023 devant la CRIET. La femme victime réclame plus de 33 millions FCFA à un prévenu qu'elle présente comme le représentant national de Liyeplimal au Bénin.

Image d'illustration

Image d'illustration

Une affaire d'investissement sur une plateforme de cryptomonnaie qui tourne au vinaigre pour une femme et sa famille. Ce lundi 22 mai 2023, les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ont examiné le dossier du nommé A.G.A, poursuivi pour escroquerie via Internet. Ce prévenu a été placé en détention provisoire depuis le jeudi 20 avril 2023. 

 

Le motif ? Il lui est reproché d'avoir escroqué une femme, son frère et ses enfants dans une affaire d'investissement sur la plateforme Liyeplimal, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. Convoqué à la barre, le principal accusé, le nommé A.G.A. ne se reconnait pas dans les faits mis à sa charge. Il a plaidé non coupable.

 

La principale victime à la barre

 

La principale victime dans ce dossier est une femme, la nommée E.A. A l'audience, elle a donné son témoignage contre le prévenu. Cette victime déclare avoir fait la connaissance du prévenu par l'intermédiaire d'un médecin qu'elle a rencontré dans une clinique en 2016, alors qu'elle était en vacances au Bénin. Les relations entre le médecin et la victime se sont confortées avec le temps, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

 

Ce médecin lui aurait présenté par la suite une opportunité dans laquelle lui-même aurait investi des millions de francs CFA. Pour ce faire, ce dernier lui a fait rencontrer le prévenu A.G.A. Ensemble, ils l'encourageront à investir sur la plateforme Liyeplimal. Ils lui auraient fait croire la présence de ministres, de députés et d'autorités béninoises dans ce réseau. La victime a également confié avoir incité son frère et ses enfants à investir sur la plateforme.

 

Dans la suite de sa déposition, la femme affirme avoir investi en limo (la cryptomonnaie de Liyeplimal) 33 millions FCFA et avoir vendu deux parcelles dont les revenus ont tous été mis dans Liyeplimal. Ces investissements devraient lui rapporter d'importants gains de plus de 100 % après une année. Mais au moment d'entrée en possession de ses bénéfices, elle a découvert que les retraits ne marchaient plus sur la plateforme Liyeplimal.

 

Face à ces réponses, le juge Lally, qui préside l'audience, lui a demandé si elle vit vraiment au Bénin et si elle avait entendu parler de l'affaire ICC-Services qui a fait des milliers de victimes dans ce pays. La femme n'a pu répondre correctement, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

 

Le frère de la victime à la barre

 

Présent à l'audience, le frère de la victime a fait sa déposition. Selon ses déclarations, c'est sa grand-sœur qui l'a invité un jour pour lui parler de Liyeplemal et l'a encouragé à investir. Il déclare avoir rencontré un peu plus tard le principal accusé. Ce dernier l'a convaincu grâce à un journal dans lequel il apparait aux côtés d'un ministre de la République pour le compte de Liyeplimal. Il souligne en outre que le prévenu lui a précisé que de hautes personnalités et fonctionnaires béninois ont investi dans Liyeplimal.

 

Convaincue, la victime confie avoir investi 3,2 millions FCFA dans Limo pour une rentabilité de 9 millions poussière au bout d'un an. Plus de dix mois après, cette victime affirme que la plateforme Liyeplimal avait des problèmes et les retraits sont devenus impossibles. Le juge Guillaume Lally lui a rappelé l'affaire ICC-Services et que cette affaire devrait leur servir de leçon.

 

Le principal accusé se plaint d'être aussi une victime

 

Devant les juges, le prévenu reconnait avoir reçu 19 200 dollars de la femme victime par l'intermédiaire du médecin. Mais ce montant a été investi dans Limo. La dame dispose actuellement de 60 000 dollars sur Liyeplimal, selon le prévenu. L'accusé se dit lui-même victime de Liyeplimal pour avoir perdu tout ce qu'il a investi.

 

De plus, il a rejeté ne pas être un représentant national de Liyeplimal au Bénin. Mais un avocat de la défense a confronté l'accusé pour son rôle de premier plan. L'homme de droit lui a lu un article de journal dans lequel il faisait la promotion de Liyeplimal et encourageait les Béninois à y investir. L'affaire a été renvoyée au lundi 10 juillet 2023 pour réquisition et plaidoirie.  

 

Que savoir de Liyeplimal et de son Limo coin ?

 

La plateforme Liyeplimal a été fondée en 2017 par l'homme d'affaires camerounais, Parfait Emile Simb, qui dirige l'entreprise Global Investment Trading, la société en charge Liyeplimal selon RFI. En effet, Liyeplimal est à l’origine d'un produit crypto-actif transformé en cryptomonnaie nommé Limo Coin. 

 

Lieyplimal signifie « la pauvreté est finie » en langue bassa, une langue camerounaise. Cette plateforme est supposée avoir un rendement important pour ses investisseurs. Mais, plusieurs personnes ayant investi sur cette plateforme se plaignent de ne pas entrer en possession des fonds investis.

 

Malgré le scandale, Parfait Emile Simb n'a jamais été inquiété par la justice camerounaise, alors qu'il vit en Centrafrique, selon RFI.  

 

N.B : La rédaction du journal Libre Express a constaté une exploitation de certains de ses contenus dont elle a l’exclusivité sans mention de son nom. Toute exploitation de nos contenus sans mention de notre nom et redirection vers l’article concerné sur notre site sera passible de poursuites judiciaires. Respectez le travail de toute une rédaction !

Dans la même catégorie
Des militaires béninois. Images d'illustration

Bénin : un militaire présumé gayman jugé par la CRIET

Un militaire présumé cybercriminel a comparu lundi 17 juin 2024 devant la CRIET pour des faits d'escroquerie...

Le procureur spécial de la CRIET, le magistrat Mario Mètonou

Pipeline Bénin-Niger : la CRIET condamne à 18 mois de prison assortie de sursis les trois Nigériens arrêtés à Sémè-Kpodji

Le parquet spécial de la CRIET représenté par Armand Donald Reagan Hounguè, le premier substitut du procureur,...

Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET)

Bénin : journée de procès à la CRIET pour trois Nigériens arrêtés au terminal de Sèmè-Kpodji

Ce lundi 17 juin 2024 s'ouvre à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET)...

Publicité

Commentaires

Aucun commentaire sur cet article

Laisser un commentaire