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2eme vague procès des violences de la présidentielle de 2021 : la CRIET condamne 13 personnes et libère 11 autres arrêtées à Parakou

Ce vendredi 31 mai 2024, une nouvelle audience spéciale s’est ouverte pour 24 personnes arrêtées à Parakou dans le cadre des violences de la présidentielle d'avril 2021. En prison depuis le 13 avril 2021, elles sont poursuivies pour des infractions d’atteinte à la liberté d’exercice au droit électoral. Selon le verdict rendu par la chambre correctionnelle, treize (13) personnes sont condamnées à 38 mois de prison ferme et onze (11) relaxes ont été prononcées.

Image d'illustration

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Après la première vague de 42 personnes jugées dans le cadre des violences de la présidentielle d'avril 2021, une deuxième vague de 24 détenus a été jugée ce vendredi 31 mai 2024. Ces 24 prévenus concernés par cette audience spéciale sont des personnes interpellées par les forces de défense et de sécurité dans la ville de Parakou dans la période du 5 au 11 avril 2021. Ils sont tous jeunes et sont tous poursuivis dans un seul dossier. Parmi ces prévenus figurent des apprentis matelassiers, des mécaniciens, des chasseurs et un fonctionnaire de la Direction départementale de l’eau et des ministres du Borgou.

 

Dans le lot des 24 prévenus, dix personnes ont été arrêtées au siège du parti d'opposition Les Démocrates à Parakou. Ces derniers étaient en train de manger du riz et s'apprêtaient à aller manifester et vandaliser des édifices publics selon l’accusation.

 

Selon le ministère public, certains des prévenus ont tenté d’incendier ou de vandaliser la maison du député Rachidi Gbadamassi. D’autres ont notamment participé à la vandalisation de la Radio Urban FM de Parakou appartenant à l’actuel député Charles Toko, indique l’accusation. Convoqués à la barre, les 25 prévenus ont plaidé non coupable. Ils affirment tous ne pas se reconnaître dans les charges d’atteinte à la liberté d'exercice du droit électoral au électoral.

 

LIRE AUSSI : Procès des violences lors de la présidentielle de 2021 au Bénin : la CRIET condamne Thibaut Ogou et 30 détenus à 3 et 10 ans de prison

 

À l’ouverture du procès autour de 11 heures 40 minutes ce vendredi 31 mai 2024 à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), le premier convoqué à la barre est le nommé Tchalla Salomon. Ce prévenu, âgé d'une vingtaine d'années, est apprenti matelassier. Interrogé sur les faits qui lui sont reprochés, il déclare qu'il est allé faire du maraudage sur des manguiers situés dans la zone du rond-point Hubert Maga à Parakou quand il a été appréhendé en compagnie de deux autres apprentis matelassiers. Ces deux compagnons d’infortune sont également à la barre. Il s'agit des prévenus Imorou Mamadou et Marcelin Houssou. Ils nient devant le juge être des manifestants et des vandaliseurs.

 

À sa suite, Koné Latifou, un chasseur, arrêté au siège du parti Les Démocrates à Parakou est à la barre. Le prévenu a été arrêté le 9 avril 2024 à 22 heures en possession d'un lance-pierre. À la barre, il nie les accusations portées contre lui par le parquet spécial de la CRIET. À ses côtés, neuf autres prévenus appréhendés au siège de cette formation politique de l’opposition vont déposer. Le jour de leur interpellation, ils seraient venus manger du riz au siège du parti afin de participer aux violentes manifestations à Parakou, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.

 

Réquisition du ministère public

 

Après un long moment de débat, le ministère public représenté par le premier substitut du procureur spécial fait sa réquisition. Le magistrat rappelle aux prévenus ce que signifie la démocratie et rappelle qu'elle n'est pas synonyme de désordre. Il a évoqué la chronologie des faits rappelant que certains des prévenus ont entravé le droit des citoyens aux libertés individuelles et à l’exercice du droit électoral en violation de l’article 261 du Code pénal.

 

Le procureur a demandé à la Cour de retenir treize (13) prévenus dans les liens de la prévention des faits d'atteinte aux libertés individuelles et à l’exercice du droit électoral. Le procureur a sollicité leur condamnation à 38 mois de prison ferme et un million FCFA d'amende chacun. Il a néanmoins requis la relaxe au bénéfice du doute de onze personnes poursuivies dans ce dossier.

 

Les avocats de la défense représentés par Me Victorin Fadé, Me Augustin Aballo, Me Yaya Pognon ont plaidé la relaxe pure et simple des 24 prévenus.

 

Verdict de la CRIET

 

Dans son verdict rendu dans la soirée de ce vendredi 31 mai 2024, le juge chargé du dossier à la CRIET a suivi entièrement la réquisition du ministère public. Il a prononcé la relaxe au bénéfice du doute de 11 prévenus et a ordonné la condamnation à 38 mois de prison ferme et un million FCFA d'amende chacun de 13 prévenus dont les dix personnes arrêtées au siège du parti d'opposition Les Démocrates parmi lesquelles se trouvent l’agent comptable de la Direction départementale de l’eau et des mines du Borgou, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

 

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